Par EBELLE Erwin 

 

« La justice est trop lente, tu vas passer 10 ans au tribunal pour rien », « les avocats passent le temps à bouffer l’argent des gens et à s’assoir sur les dossiers des clients », « y a trop d’opacité et de corruption dans la justice de ce pays ». Toutes ces phrases que l’on entend régulièrement de la part des justiciables dans les pays africains, notamment au Cameroun.

 
La Justice qui est censée assurer l’ordre, protéger les plus faibles, garantir l’équité, ne fait plus rêver personne, et c’est peu dire. Nombreux sont les justiciables qui se résignent souvent face à certains litiges, que ce soit un licenciement abusif, ou un locataire mauvais payeur, et qui abandonnent leurs droits par manque de confiance en la Justice.
 
Face à ce constat amer, une solution viable serait le recours aux Modes Alternatifs de Résolution des Différends, appelés MARD, une sorte d’arbre à palabres, institutionnalisé.
 
C’est ainsi que l’Afrique vient de se doter de sa toute première Cour africaine (privée) de médiation et d’arbitrage, qui siègera à Marrakech, au Maroc.
 
Le coup d’envoi a été donné vendredi 05 avril dernier à l’occasion d’un colloque sur la médiation et l’arbitrage.
 
Les modes alternatifs de résolution de différends que sont la médiation et l’arbitrage, sont des moyens pour des parties de résoudre des conflits qui les opposent, sans avoir recours aux tribunaux.
 
Ces modes alternatifs sont plus communément utilisés dans les contentieux commerciaux entre les entreprises, ou entre investisseurs et Etats étrangers. Mais ils peuvent également être utilisés dans le cadre de litiges non-commerciaux tels que les différents entre bailleurs et locataires, ou les disputes relatives aux prestations de services par exemple.
 
Les avantages dont ces modes alternatifs de résolution des différends disposent sur la justice traditionnelle c’est que les parties choisissent souvent d’un commun accord qui seront leurs arbitres ou médiateurs, les procédures y sont beaucoup plus souples, et souvent moins couteuses qu’un long procès.  
 
Les décisions émanant des ces procédures alternatives s’imposent aux parties comme une décision de justice, et peuvent obtenir la mention exécutoire en introduisant une requête auprès du tribunal. Si le tribunal ne se prononce pas sous 15 jours, l’accord de médiation ou la sentence arbitrale bénéficient automatiquement de la formule exécutoire apposée par le Greffe du tribunal.
 
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