Par EBELLE Erwin 

De manière fort inattendue, la justice nigériane s'est prononcée en faveur du retour au Nigéria du leader séparatiste Sisiku Ayuk Tabe et ses co-accusés, selon le média nigérian Sahara Reporters.
 
Le média nigérian nous informe qu'une audience a eu lieu vendredi 02 mars dernier devant la Cour fédérale d'Abuja au Nigéria, présidée par l'Honorable Anwuli Chikere.
 
A l'issue de cette audience à laquelle M. Ayuk Tabe et ses co-accusés étaient représentés par Me Femi Falana, la Cour a jugé que l'extradition par le gouvernement nigérian des séparatistes était non-conforme à la Constitution du Nigéria, et illégale.
 
Qu'au demeurant, l'Etat nigérian n'a pas autorité pour ordonner la déportation d'individus demandeurs d'asile. 
 
Le leader séparatiste et ses co-accusés avaient été appréhendés au Nigéria par les autorités locales le 26 janvier 2018, à l'issue d'un mandat d'arrêt international émis par les autorités camerounaises et datant du 26 novembre 2017.
 
C'est ainsi que la Cour a ordonné qu'il soit versé la somme de 5 millions de Nairas (approx. 8 millions de Francs) à chaque concerné à titre de dommages-intérêts, et que le gouvernement du Nigéria fasse le nécessaire pour obtenir le rapatriement des séparatistes et de leur leader sur le territoire nigérian dans les plus brefs délais. 
 
Rappelons que lors de l'audience des concernés devant la juridiction militaire camerounaise le 10 janvier dernier, les avocats de la défense avaient soulevé l'incompétence des tribunaux camerounais aux motifs que ces derniers n'étaient pas de nationalité camerounaise et étaient demandeurs d'asile au Nigéria voisin. 
 
Ils exigeaient ainsi que leurs clients soient immédiatement retournés au Nigéria. La Cour avait renvoyé l'audience au 07 février dernier afin que les parties puissent présenter les preuves de leurs allégations (voir détail ici).
 
L'audience de renvoi a finalement eu lieu le 07 février comme convenu, mais les débats ont principalement tourné autour de la question de la langue employée lors de la procédure (voir détails ici). 
 
Aujourd'hui, la justice nigériane vient ainsi, par cette décision historique, accorder du crédit aux allégations des avocats de M. Ayuk Tabe et ses co-accusés. 
 
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