Par EBELLE Erwin

« Tous les avis juridiques que j’ai consultés me confirment que si je veux être candidat en 2020, je peux l’être. Et ce serait conforme à la Constitution » a déclaré le Président Alassane Ouattara lors d’une interview exclusive accordée aux journalistes de RFI.
 
Pour rappel, le Président Ouattara a été élu en novembre 2010, puis réélu en octobre 2015. Il sert donc actuellement son 2nd mandat, pour une durée totale en exercice de 10 ans d’ici 2020.
 
La Constitution ivoirienne de 2000, abrogée et remplacée par la Constitution de 2016 prévoyait que le Président de la République de Côte d’Ivoire était élu pour 5 ans et n’était rééligible qu’une seule fois. Dans des termes similaires, la nouvelle Constitution actuellement en vigueur, dispose également que le Président de la République est élu pour 5 ans et n’est rééligible qu’une fois.
 
Si le Président Ouattara venait à se présenter à l’élection présidentielle prévue en 2020, sous l’hypothèse qu’il soit réélu, il exercerait donc son 3e mandat pour une durée combinée de 15 ans au pouvoir en tant que Président de la République. Il aurait de fait, été réélu une fois sous la Constitution de 2000, et une fois sous la Constitution de 2016.
 
Toutefois, le Président Ouattara n’a pas confirmé qu’il serait candidat à la présidentielle de 2020, il précise qu’il pourrait prendre sa décision conformément à la Constitution, en fin juillet 2020.
 
« Quelqu’un doit bien être responsable de ces 3000 morts »
 
Interrogé au sujet de l’acquittement de l’ex-Président de la République Laurent Gbagbo, le Président Ouattara a décliné de commenter, rappelant qu’un Appel du procureur était en cours.
 
Le Président rappelle qu’en tout état de cause, il y a eu 3000 morts pendant la crise post-électorale,  et que « quelqu’un doit bien être responsable de ces 3000 morts ». Il dit espérer que la justice fera la lumière sur ces morts.
 
« La Côte d’Ivoire est un Etat de droit »
 
Interrogé par le journaliste de RFI au sujet d’un éventuel retour du Président Gbagbo en Côte d’Ivoire dans l’hypothèse d’un acquittement confirmé en Appel, et compte tenu de sa condamnation par la justice ivoirienne pour détournement de fonds de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), le Président Ouattara a répondu sommairement en indiquant que « la Côte d’Ivoire est un Etat de droit », et d’ajouter « on avisera à ce moment-là ».
 
En effet, en janvier 2018, l’ex-Président Laurent Gbagbo et 3 de ses anciens ministres, ont été condamnés par la justice ivoirienne à 20 ans de prison et à 329 milliards de Fcfa pour le « braquage » de l’Agence nationale de la BCEAO et de plusieurs autres banques commerciales pendant la crise post-électorale.
 
Des mandats d’arrêt internationaux ont été émis notamment contre l’ex-Chef d’Etat, et ses avocats ont indiqué qu’ils feraient Appel de cette condamnation.
 
« Non, non. Je ne suis pas homme à forcer qui que ce soit »
 
C’est la réponse du Président Ouattara à la question du journaliste qui suggérait qu’on aurait forcé la démission de l’ancien Président de l’Assemblée Nationale, Guillaume Soro (voir article ici).
 
Selon le Président Ouattara, la démission de Guillaume Soro serait due au fait que ce dernier se revendique désormais d’une idéologie qu’il qualifie de « Marxiste », qui n’est pas en adéquation avec l’idéologie « libérale sociale » du RHDP, et que par conséquent il est normal que le Président de l’Assemblée Nationale soit issu de la majorité présidentielle qui, dit-il, est « largement majoritaire ».
 
En principe, les Présidents de l’Assemblée Nationale et du Sénat sont élus pour la durée de la législature, à savoir 5 ans, en vertu de l’article 89 de la Constitution.
 
Le Règlement de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire prévoit en son 2e alinéa de l’article 2, le cas de démission du Président de l’Assemblée Nationale. Cependant, il n’en énumère ni les motifs possibles, ni les limites.

 

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