Par EBELLE Erwin

 

Peut-être avez-vous entendu parler de cette pratique répandue sur les sites de rencontre, qui consiste à créer des faux profils, afin de tromper les interlocuteurs et les persuader d’agréer à une rencontre. Cette pratique a pris le nom de « catfishing ».
 
Dans la plupart des cas, la pratique est sans impact réel, le seul dommage étant généralement la surprise lors de la rencontre, et le temps perdu.
 
Mais dans le cas d’espèce, la situation a pris un tournant plutôt dramatique. En effet, les faits se déroulent en France. Un sexagénaire de 68 ans crée un faux profil sur lequel il se fait passer pour un jeune mannequin de 35 ans d’1m78 (photos à l’appui), architecte vivant à Monaco.
 
Ce dernier entretenait des relations virtuelles et téléphoniques avec ses victimes, avant d’organiser des rencontres avec ces dernières.
 
Lors du rendez-vous, il insistait pour que ses victimes consentent à se faire bander les yeux, et à consentir de ne pas le toucher pendant qu’ils avaient des rapports sexuels dans une sorte de jeu érotique qu’il qualifie de « magique » et qui n’est pas sans rappeler le fameux « 50 nuances de Grey ».
 
Seul problème, à la fin de l’acte, lorsque le voile tombait, les victimes se rendaient compte qu’elles avaient été piégées car elles venaient d’avoir des rapports sexuels avec un vieil homme à la peau fripée et au ventre bedonnant.
 
Les victimes ont déposé plainte pour viol par surprise qui, selon la loi française est constitué lorsqu’un acte de pénétration sexuelle est obtenu par un homme à l’aide d’un stratagème visant à tromper la victime sur son identité civile et physique parce qu’il sait que la victime n’aurait sinon jamais accepté d’avoir une relation sexuelle avec lui.
 
La Cour de Cassation, plus haute juridiction française, a jugé ce 23 janvier 2019 que le viol par surprise était caractérisé du fait de l’usage du stratagème mis en œuvre par le sexagénaire.
 
L'affaire a été renvoyée devant la chambre d'instruction de la Cour d'appel de Montpellier afin que l'accusé soit jugé pour qu'il y soit fait une bonne application du droit. Il risque jusqu'à 15 ans de prison.
 
 
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